Données démographiques (Université de Laval)

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 Source : Université de Laval (Canada)

 

Données démolinguistiques

La Macédoine abrite de nombreuses ethnies pour un pays de deux millions d'habitants. Officiellement, il existe 27 minorités en Macédoine, la majorité du pays étant formée des Slavo-Macédoniens, c'est-à-dire les Slaves d'origine macédonienne.

Les Slavo-Macédoniens

Les Slavo-Macédoniens constituent 61,4 % des habitants de la Macédoine. D’origine slave, ils parlent le macédonien, une langue restée très proche du bulgare et utilisant les caractères cyrilliques. D'ailleurs, Le macédonien et le bulgare sont mutuellement compréhensibles.

Alphabet macédonien (cyrillique)

Cependant, le terme macédonien pour désigner la langue des Slavo-Macédoniens est contesté tant par la Grèce que par la Bulgarie, mais pour des raisons différentes. Pour la Grèce, elle ne reconnaît ni le mot Macédoine ni le mot Macédonien / macédonien pour désigner le pays, son peuple ou sa langue. Pour la Bulgarie, le macédonien est simplement un dialecte de sa propre langue officielle, le bulgare. 

Par ailleurs, certains auteurs macédoniens s'appuient sur des documents qui prouveraient un lien de filiation entre le macédonien actuel (langue slave) et la langue macédonienne de l'Antiquité, laquelle aurait une origine thrace hellénisée. On sait que les Thraces ont existé dans les Balkans du Ve millénaire avant notre ère jusqu'au IIIe siècle avant notre ère. Cependant, il n'y a aucune preuve sur l'affiliation du macédonien avec ce peuple. Par contre, nous savons que les langues slaves tirent leur origine du proto-slave au IXe siècle avant notre ère. L'alphabet macédonien compte 31 lettres; l'alphabet bulgare, 30.

La plupart des Slaves de Macédoine appartiennent à l'Église orthodoxe grecque ou à l'Église orthodoxe macédonienne. Les Albanais sont de religion musulmane. Il y a aussi des catholiques romains, des juifs et des orthodoxes grecs, russes et serbes.

Les minorités nationales

Composition ethnique de la Macédoine Au premier rang, les Albanais de religion musulmane représentent 19,2 % de la population et constituent une très forte minorité dans un pays dont la majorité, rappelons-le, ne forme que 61,4 % de la population. Les Albanais vivent majoritairement à l’ouest du pays, près des frontières de l’Albanie, mais aussi près des frontières de l’ancienne province serbe du Kosovo (au nord), là aussi, à forte population albanaise. Bref, les 398 000 albanophones de la Macédoine forment avec les Albanais (3 millions) d’Albanie et ceux de la Serbie (1,6 million) une forte diaspora de plus de cinq millions d’Albanais (voir la carte albanophone à gauche). On peut comprendre que les Macédoniens (au nombre de 1,5 million) redoutent le nationalisme albanais, notamment la sécession éventuelle de la partie ouest du pays, en vue de former une république à population albanaise avec l’Albanie et l’ancien Kosovo de la Serbie. Précisons que l’albanais, comme le macédonien, fait partie des langues de la famille indo-européenne

Précisons que la Macédoine n’a pas su régler ses différends avec ses minorités, particulièrement la minorité albanaise. D’une part, les albanophones réclament une plus grande autonomie et ne veulent pas être considérés comme une simple minorité, d’autre part, les Slaves se méfient des albanophones dont le territoire est mitoyen avec l’Albanie et l’ancien Kosovo de la Serbie. 

Les tensions sont vives dans cette nouvelle Macédoine démocratique, surtout que les demandes conflictuelles des Albanais sont liées au recensement. Le dernier recensement datait de 1981, alors que les Albanais représentaient officiellement 20 % de la population.

Le gouvernement estime qu’en 1991 les albanophones représentaient 23 % de la population, mais ces derniers affirment qu’ils avaient atteint alors 40 % de la population en raison de leur taux de natalité plus élevé et de l’immigration albanaise en provenance du Kosovo. De façon réaliste, la plupart des observateurs leur accordaient un poids démographique oscillant entre 30 % et 35 %. Une seule certitude: leur nombre augmentait en flèche. Ainsi, dans la banlieue nord de Skopje, le fragile équilibre ethnique s’est renversé en faveur des Albanais, et les minarets ont poussé un peu partout au milieu des toits de tuile orangées. Cependant, les deux communautés ont continué de vivre complètement séparées, les communications inter-ethniques étant presque inexistantes, les mariages mixtes, rarissimes.  Selon le recensement national de 2002, la population de la république de Macédoine se répartissait ainsi: Macédoniens  (64,2%), Albanais (25,2%), Turcs (3,7%), Roms (2,7%), Serbes (1,8%), Aroumains (0,5%), autres (1,9%).

Groupes ethniques Population Pourcentage Langue maternelle
Macédoniens 1 268 000 61,4 % macédonien
Albanais 398 000 19,2 % albanais
Tsiganes des Balkans 126 000 6,1 % tsigane
Turcs 82 000 3,9 % turc
Croates 40 000 1,9 % croate
Bosniaques 37 000 1,7 % bosniaque
Tsiganes des Sintes 31 000 1,5 %  tsigane sinté
Bulgares 20 000 0,9 % bulgare
Grecs 20 000 0,9 % grec
Roumains 10 000 0,4 % roumain
Aroumains (Valaques) 8 500 0,4 % aroumain
Arabes 6 000 0,2 % arabe
Méglénites 6 000 0,2 % mégléno-roumain
Monténégrins 4 000 0,1 % monténégrin
Hongrois 2 000 0,1 % hongrois
Pomaques 2 000 0,1 % bulgare
Yoruks (ou Turcs des Balkans) 2 000 0,1 % turc gagaouze des Balkans
Italiens 1 000 0,0 % italien
Juifs 1 000 0,0 % serbe
Ukrainiens 200 0,0 % ukrainien
Total (2004) 2 064 700

100,0 %

 

Parmi les autres minorités, il faut mentionner les Tsiganes ou Roms (6 %) et les Turcs (4 %), mais aussi plusieurs petites communautés parlant le serbe, le croate, le grec, le bulgare, le gagaouze, le valaque ou  l'aroumain, etc. La Macédoine est pour les Aroumains (ou Valaques) le pays de référence. On en compterait entre 8500 et 10 000 (sur un total de 250 000 dans toute l'Europe). La Macédoine les considère comme des «Roumains» (Rumanci), mais les Aroumains ne sont pas d'accord, et ils se nomment Valaques (Vlahina). Il existe aussi une petite minorité religieuse, lesGoranci, qui sont des Macédoniens islamisés et parlant le macédonien. Au total, les minorités de la Macédoine représentent moins de 40 % de la population du pays.

Ajoutons que, lors de la guerre du Kosovo (moins de deux mois), les Slavo-Macédoniens ont vu leur petit pays de 2,1 millions d’habitants submergé par plus de 350 000 Albanais. Combien resteront en Macédoine? La question hante les Slavo-Macédoniens qui craignent encore davantage pour leur fragile «équilibre ethnique». Quoi qu’il en soit, la guerre du Kosovo a envenimé les relations entre les deux principales communautés, les Slavo-Macédoniens et les Albano-Macédoniens. La majorité slavo-macédonienne a terriblement peur des albanophones, alors que ces derniers ne leur font aucunement confiance! Au yeux des albanophones, le président de la Macédoine serait considéré comme un criminel encore plus dangereux que l'ex-président Slobodan Milosevic de la Yougoslavie. Pourtant, c'est grâce au président Boris Trajkovski (1999-2004) que les Albano-Macédoniens ont pu obtenir l'accord d'Ohrid de 2001, ainsi que des nombreuses modifications constitutionnelles qui ont suivi (2001).

 

 

 

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